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41 % veulent confier leurs courses à une IA, et 72 % des marchands se savent en retard

POINT Points clés
  • 3 % des transactions aujourd'hui, 41 % d'intention sur l'épicerie
  • L'écart entre les deux chiffres est votre fenêtre de tir

« L’IA achètera à notre place », d’accord, mais on met quoi dans le planning de la semaine ?

La phrase revient à chaque point d’équipe. Des agents qui remplissent le panier tout seuls, on nous l’annonce de partout.

Hex-ko aussi a hoché la tête, sans jamais rien inscrire nulle part.

Parce qu’au moment de la poser dans un calendrier, la phrase se dérobe : d’un côté on nous promet un basculement, de l’autre le chiffre d’affaires ne bouge pas d’un centime. Les deux constats sont vrais, et la discussion glisse aussitôt vers une question de croyance.

Des chiffres existent, qui remettent le débat là où il doit être : du côté du calendrier.

Est-ce que les consommateurs confient déjà leurs achats à une IA ?

Oui pour l’intention, presque pas encore pour l’acte. Sur l’épicerie, 41 % des personnes interrogées acceptent de déléguer l’achat à une IA, 31 % pour les produits du quotidien, alors que les agents n’interviennent aujourd’hui que dans 3 % des transactions réelles (Checkout.com, juin 2026).

L’écart n’a rien d’anecdotique.

Et donc la question du calendrier se répond toute seule : attendre que l’intention soit installée, c’est arriver après.

Qui a posé ces questions, et à qui ?

L’enquête vient de Checkout.com, une société d’infrastructure de paiement (communiqué).

Le montage est simple : dans un même dispositif, on interroge les consommateurs sur leur intention et les marchands sur leur préparation, ce qui permet de lire les deux côtés avec la même règle. Les questions sur les plafonds de dépense couvrent six marchés ; les réponses marchands, elles, se limitent au Royaume-Uni et aux États-Unis.

L’éditeur ne le cache pas.

En revanche, l’effectif total n’est pas publié. C’est une réserve à garder en main pendant toute la lecture des pourcentages.

Ce qu’on délègue : pas cher, et qui revient

La température change nettement d’une catégorie à l’autre.

  • Épicerie déléguée à une IA : 41 %
  • Produits du quotidien : 31 %
  • Dépense moyenne acceptée sans validation humaine : 177 livres sterling par transaction

C’est le montant qui trace la frontière, plus que la nature du produit.

Ces 177 livres relient d’ailleurs les trois lignes entre elles : on lâche la main sur ce qui est banal et récurrent, on la reprend dès que l’achat devient un événement. Composer le menu, on veut le faire soi-même ; racheter du lait, on veut bien confier ça à quelqu’un d’autre.

Si votre catalogue est fait de petits paniers rachetés souvent, vous êtes du côté qu’on délègue.

Les marchands, eux, se savent en retard

72 % des marchands sont d’accord avec l’idée que les consommateurs adopteront les achats pilotés par des agents plus vite que la plupart des marchands ne seront prêts.

La lucidité est donc là.

Et pourtant, dans le même souffle, 89 % déclarent s’y préparer activement. Se préparer activement tout en affirmant que l’autre côté ira plus vite que soi : c’est une contradiction que les répondants portent eux-mêmes, et elle dit assez bien où en est le marché.

Reprenons les deux bornes : 3 % de transactions concernées aujourd’hui, 41 % d’intention sur l’épicerie. L’intervalle entre les deux, c’est exactement la marge de manœuvre dont vous disposez.

Ce qu’on peut y faire se joue en amont de la plomberie de paiement : commencer par compter ce que les IA disent de vous quand on les interroge sur votre catégorie.

Jusqu’où peut-on porter ces chiffres ?

Quatre réserves à poser avant de transposer quoi que ce soit chez vous. Elles pèsent toutes les quatre.

  • Checkout.com vend de l’infrastructure de paiement et a donc un intérêt commercial direct à ce que les achats par agent se répandent
  • L’effectif total n’est pas publié, et les réponses marchands ne couvrent que le Royaume-Uni et les États-Unis
  • Le fameux « 10 % des achats seront pilotés par une IA d’ici un an », cité par 33 % des répondants, est une prévision de consommateurs, pas un relevé
  • Les agents interviennent aujourd’hui dans 3 % des transactions : une intention ne se lit jamais comme une taille de marché

Les chiffres du refus méritent la même précision. 24 % déclarent qu’ils ne délégueront jamais un achat à une IA, et 27 % qu’ils n’accorderaient aucune confiance à une organisation qui met en service un agent d’achat.

Une part du public restera donc à distance. Reste que l’ordre de passage ne change pas : les quatre personnes sur dix qui disent oui bougeront les premières, et c’est sur elles que se joue la fenêtre.

placez votre offre sur deux axes avant de vous demander « quand »

Ce que vous pouvez emporter tient dans l’ordre des questions, plutôt que dans les pourcentages eux-mêmes.

Posez d’abord votre catalogue sur deux axes, le prix unitaire et la fréquence de rachat. Plus il penche vers « peu cher et souvent », plus il tombe du côté que les acheteurs sont prêts à déléguer — et le repère des 177 livres sterling vous donne l’ordre de grandeur de la bascule.

Ensuite, une seule action : allez lire ce qu’une IA répond quand on lui demande les bonnes adresses de votre catégorie, et vérifiez si votre marque y figure, et dans quels termes. Tant que les agents ne pèsent que 3 % des transactions, cette description se corrige tranquillement. Le jour où l’intention à 41 % se transforme en achats, elle se corrigera dans l’urgence.

Avant même d’être choisi par un agent, encore faut-il faire partie des noms qu’il a en tête. C’est le sujet voisin de celui du jour, et Les marques challengers gagnent le plus souvent, une fois que l’IA les a présélectionnées aide à savoir à quelle étape vous perdez.

Allez, on mesure, tranquillement.

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