« Le nombre de citations monte, et rien d’autre ne bouge »
Le rapport du mois est ouvert dans un onglet, votre page produit dans l’autre.
Sur le rapport, la courbe des citations grimpe. À côté, les demandes entrantes ressemblent à celles du mois dernier. Les recherches de marque aussi.
Hex-ko, devant ce genre d’écart, allongeait la période d’analyse. Ce qui revient à changer les piles de la balance parce que le poids ne bouge pas.
Le problème venait de l’unité. Quand ce qu’on compte est trop grossier, allonger la période donne un comptage tout aussi grossier, simplement étalé sur plus longtemps.
Quelqu’un a fini par découper cette unité en deux. Voilà ce qu’il a trouvé.
« Être cité, être utilisé : où est la différence ? »
Être retenu comme source et se retrouver dans la matière de la réponse : ce sont deux étapes. Sur 602 prompts contrôlés et 21 143 citations, ChatGPT a cité moins de sources que les autres, et pourtant l’influence par page récupérée ressort nettement plus haute (l’étude). Perplexity et Google, en moyenne, citent davantage de sources.
Le travail est signé Zhang Kai, He Xinyue et Yao Jingan, déposé sur arXiv le 28 avril 2026.
La sélection de citations (citation selection), c’est la première étape : le modèle décide s’il cherche, puis quelles pages il nomme comme sources. Autrement dit, c’est à peu près là que s’arrêtent les outils de visibilité IA d’aujourd’hui. L’absorption de citations (citation absorption), c’est la seconde : combien de cette page passe dans la matière de la réponse. Elle sépare la page dont le nom figure dans la liste des sources de celle qui fournit la charpente.
Le matériau est un jeu de données public, geo-citation-lab, sur trois familles de systèmes : ChatGPT, les résumés IA de Google (AI Overview) et Gemini, et Perplexity. De 21 143 citations valides et 18 151 pages récupérées, l’équipe a tiré 72 caractéristiques — longueur, structure, et le reste — puis a comparé.
Ce qu’un histogramme compté à l’unité fait disparaître
Le résultat se coupe en deux, proprement : d’un côté la largeur des citations, de l’autre leur profondeur.
- Perplexity et Google citent en moyenne davantage de sources (largeur)
- ChatGPT en cite moins, mais l’influence par page est nettement plus forte (profondeur)
Une citation chez ChatGPT et une citation chez Perplexity pèsent donc différemment dans la réponse. Et c’est là que ça pique, côté métier : dès qu’on aligne la visibilité par IA en barres comptées à l’unité, cet écart de poids disparaît entièrement.
Imaginons le rapport : barre haute chez Perplexity, barre basse chez ChatGPT. Cet écart tiendrait peut-être moins à la place qu’on vous donne qu’à la façon dont Perplexity est conçue, elle qui sort beaucoup de sources par principe.
Un histogramme par IA ne dit plus grand-chose à Hex-ko tant qu’elle n’a pas vérifié ce que compte l’axe vertical.
Les quatre épaisseurs des pages qui ont nourri la réponse
L’équipe résume ainsi ce que partagent les pages à forte influence :
- elles sont longues
- elles sont structurées
- elles collent sémantiquement à l’intention du prompt
- elles regorgent de preuves extractibles : définitions, faits chiffrés, comparaisons, marches à suivre
Pourquoi ces quatre-là ? Sans doute parce que la façon de travailler du modèle tient moins de « lire, comprendre, résumer » que de « prélever les fragments utilisables ». Plus une page pose de morceaux détachables, plus il est facile d’en faire la charpente d’une réponse. À longueur égale, une série de définitions et de chiffres porte plus loin qu’une série d’opinions. (Retournez la chose et ça devient inconfortable : une page qui se lit très bien, mais pauvre en preuves découpables, peut être citée et rester à la porte de la réponse.)
Le quatrième point, Hex-ko l’a trouvé précieux, parce qu’il se vérifie en ouvrant sa propre page. Le terme est-il défini quelque part ? Y a-t-il un chiffre concret ? Une comparaison avec les autres options ? Les étapes se suivent-elles dans l’ordre ?
Jusqu’où peut-on s’appuyer sur ces quatre épaisseurs ?
D’abord, c’est une préversion : le texte a été déposé avant toute relecture par les pairs. L’affiliation des auteurs reste inconnue, donc sur les conflits d’intérêts, on juge à l’aveugle. Le texte ressemble à un travail indépendant ; on n’a rien pour le vérifier.
Et le résultat central relève de la statistique descriptive : les auteurs parlent eux-mêmes d’un « constat descriptif ». Concrètement, ils ont photographié à quoi ressemblaient des pages déjà citées, sans en modifier une seule pour voir ce que ça changeait. Ce qu’on peut dire s’arrête donc à « les pages utilisées étaient structurellement épaisses ». Le lien de cause à effet — structurez et vous serez absorbé — n’est jamais affirmé.
Le corpus, ce sont 602 prompts contrôlés, un ensemble borné, et les prompts n’étaient pas en français. Les systèmes couverts sont ChatGPT, ceux de Google et Perplexity : Claude et Copilot restent dehors.
Ces quatre épaisseurs se prennent donc comme une grille de relecture de vos propres pages, avec la prudence qu’appelle un constat descriptif.
lisez vos citations en deux temps, sélection puis absorption
Continuez à compter les citations. Le nombre de fois où on vous retient est un indicateur de premier ordre : les modèles vous trouvent. Mettez une colonne de plus juste à côté, et le même chiffre change de sens — cette colonne, c’est la trace que la citation a bien atteint la matière de la réponse.
Pour agir dès aujourd’hui, ouvrez une seule de vos pages importantes. Entre définition, chiffre, comparaison et marche à suivre, ajoutez celle qui manque le plus. Ça suffit pour aujourd’hui : personne ne vous demande de réunir les quatre d’un coup.
Et laissez tomber la comparaison entre IA en barres comptées à l’unité. ChatGPT et Perplexity distribuent leurs citations selon des logiques différentes, et dès qu’on les met sur la même échelle, on lit forcément de travers. Séparez par IA, et comparez-vous à votre propre mois précédent.
De « combien de fois notre nom est sorti » à « jusqu’où on est entré dans la réponse ». Quelqu’un a cessé de compter une citation comme une citation, et c’est plutôt bon signe pour la suite.